16 mars 2010

comme on fait son nid...

Un peu plus haut dans le village il y avait un vieux pressoir  en ruine que R. restaurait avant de le vendre pour une réhabilitation en maison... de ses mains il avait surélevé les toits avec des murs en pierres et refait les bords de fenêtres en briques, c'était ces détails là qui m'avaient sauté aux yeux quand il avait voulu nous la montrer en août dernier. J'avais marché sur la pelouse et je m'étais engouffrée dans son antre fouillis et charmant à la fois. Immédiatement je l'avais vue terminée cette maison et je m'y étais sentie bien.
Puis Marius s'est annoncé, et les devis nous semblaient d'autant plus gonflés qu'il faudrait assumer un grossesse et un enfant en plus bientôt... alors nous avions renoncé.
R. lui, avait continué son travail et la semaine dernière nous avait reparlé du pressoir qui avait bien avancé... Nous nous étions dit que finalement il suffirait de réduire la surface de restauration et de mener le projet en deux temps pour peut être boucler le budget... Nous y sommes retournés, avec mon gros ventre et un Jules très emballé!
Le garage écroulé avait lui aussi de nouveaux murs pimpants et une toiture toute neuve, la maison n'en était que plus belle... le jardin était caressé par un soleil d'hiver jaune et au bout du jardin trois moutons nous appelaient... Jules a traversé le chantier sur les planches comme un funambule, nous répétant "tu vois tout ce qu'on va vivre dans cette maison..." Je me suis demandé où il était allé pêché cette phrase...
Peu avant dans l'après midi la colère nous avait envahie C. et moi alors que nous parlions de ce projet, de son réalisme... Nous sommes allés saluer de plus près les moutons puis je suis retournée dans les murs pour finir de m'en imprégner et jauger cette vieille dame à remettre debout. est-ce qu'elle nous attendait? est-ce qu'elle nous apporterait de beaux moments? de doux moments au coin du poêle comme nous en rêvions depuis si longtemps? allait t-elle nous maltraiter et nous laisser fourbus et sans un sous ou bien deviendrait-elle l'enveloppe chaleureuse qu'une maison doit être, une peau protectrice, juste à notre taille où l'on se replie ? 
J'ai regardé mes jules au loin avec les moutons, j'ai vu un cheval courir un peu plus loin, j'ai entendu la petite fille d'à côté que je connais bien jouer dans sa cabane perchée, j'ai imaginé la place de la roulotte; là sous l'arbre. Quand nous sommes retournés à la voiture je ne l'ai pas regardé tout de suite, peut être un peu penaude d'avoir cette peur au ventre qui ne me quitte pas... J'ai juste dit "je l'aime toujours autant. on y serait bien." En rentrant il avait l'œil pétillant , il m'a serrée dans ses bras et jules a dessiné le plan de sa maison rêvée, avec deux baignoires.

Posté par 30bis à 11:18 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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Commentaires sur comme on fait son nid...

    Mais enfin, Milie ! ...
    Ouiiiii !
    Sans le sou ? Fourbus ?
    Avec tout l'amour qui t'entoure, toute l'énergie que tu as (mais enfin, évidemment que tu es pleine d'énergie, regarde-toi !), ta créativité... comment pourrais-tu ne pas rebondir si ça ne se passait pas très bien ?
    Tu arriveras toujours à faire marche arrière, à rebrousser chemin ou à bifurquer !
    Depuis le temps que tu en parles... c'est tout ce que tu aimes, tout ce que tu caresses du bout de l'envie depuis toujours, en tout cas depuis que je te lis... (j'adore énoncer de grandes assertions comme ça, on croirait que je te connais par cœur... tant pis, je finis ma diatribe !), alors forcément ça paraît un peu dangereux de s'approcher de ce qu'on veut vraiment.
    Je te promets que ça l'est encore plus de le laisser filer.
    Ça va être bien ça va être bon. J'espère que ça va marcher.

    bon, je suis désolée, je me suis emballée, ... je t'ai fâchée ?

    Posté par La Grenouille, 16 mars 2010 à 19:19 | | Répondre
  • non. tu m'as fait sourir,mais je suis certaine que tu le sais!!!

    Posté par émilie, 16 mars 2010 à 19:34 | | Répondre
  • ouf !
    Non je ne le sais pas toujours. Je crois que je suis saoulante aussi avec cet enthousiasme, pourtant sincère et convaincu.

    J'aime tellement tout ce que tu laisses voir, entrevoir... mouais, basta, j'arrête, je me répète.

    Posté par La Grenouille, 16 mars 2010 à 20:10 | | Répondre
  • ouf !
    Non je ne le sais pas toujours. Je crois que je suis saoulante aussi avec cet enthousiasme, pourtant sincère et convaincu.

    J'aime tellement tout ce que tu laisses voir, entrevoir... mouais, basta, j'arrête, je me répète.

    Posté par La Grenouille, 16 mars 2010 à 20:20 | | Répondre
  • ouf !
    Non je ne le sais pas toujours. Je crois que je suis saoulante aussi avec cet enthousiasme, pourtant sincère et convaincu.

    J'aime tellement tout ce que tu laisses voir, entrevoir... mouais, basta, j'arrête, je me répète.

    Posté par La Grenouille, 16 mars 2010 à 20:49 | | Répondre
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